L'importance du 3ème pilier


Risparmio Terzo Pilastro

Source : Azione.ch, Auteur : Ignazio Bonoli, date : 3.6.2019

Nous vous proposons cet article intéressant, publié le 3.6.2019 par l'hebdomadaire en ligne Azione.ch.


Prévoyance vieillesse - Les difficultés de l'AVS et des caisses de retraite suscitent une certaine appréhension. Cela ne signifie pas que le système des trois piliers est en danger. Mais c'est le 3ème pilier qui offre une sécurité supplémentaire dans de nombreux cas.



Avant la votation fédérale sur la réforme des impôts et des assurances sociales, certains experts exprimaient déjà la crainte que les 2 milliards de francs prévus pour l'AVS à partir de 2020 ne ralentissent l'indispensable travail de réforme du 1er pilier de notre assurance vieillesse. Mais ce ne fut pas pour longtemps, car on pouvait constater que ces milliards ne serviraient tout au plus qu'à soulager le fonds de l'AVS jusqu'en 2022, même s'ils étaient accompagnés d'une augmentation des cotisations à la charge des employés et des employeurs. Cependant, la situation actuelle est telle qu'il n'y a pas lieu de s'entousiasmer, même après le résultat positif de la votation populaire. En 2018, l'AVS affichait déjà un déficit de 2,2 milliards de francs et, selon les derniers chiffres, l'absence de déficits devrait durer jusqu'en 2024 au plus tard, avec un déficit d'environ un demi-milliard à nouveau en 2025. A ce rythme, il manquera environ 4,5 milliards de francs à l'AVS en 2030 si l'assainissement n'est pas réalisé à temps. Toutefois, le Conseil fédéral a déjà élaboré un plan d'action, qui prévoit une augmentation de 0,7 % de la TVA qui générerait 2,5 milliards de francs en 2030. Les retraités actuels paieraient également une contribution, tandis que le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans reste fixe, avec une légère augmentation des pensions pour les dix premières années de retraite. Le projet sera présenté en août, mais on ne sait pas combien de temps il faudra au Parlement pour l'approuver. Entre-temps, la prévoyance professionnelle (2ème pilier) n'est pas beaucoup mieux lotie non plus. Dans le système des trois piliers, il repose essentiellement sur un capital accumulé au cours des années de travail, alimenté tant par le salarié que par l'employeur. Son but est de garantir un niveau de vie sur la base d'une rente qui, avec celle de l'AVS, doit garantir environ 60% du revenu obtenu avant la retraite. Cependant, la situation a évolué de telle sorte que l'hypothèse d'un capital accumulé pour garantir la pension de retraite ne peut être remplie. Actuellement, de nombreux fonds de pension doivent puiser dans leurs réserves pour garantir le paiement des pensions, c'est-à-dire de l'argent qui n'a pas été épargné par ceux qui en bénéficient aujourd'hui. Il s'agit essentiellement d'un transfert de fonds des membres actifs vers les retraités. On estime que ce transfert a déjà atteint 5,3 milliards de francs suisses globalement en 2015. Comme l'AVS, le deuxième pilier souffre également du vieillissement de la population (c'est-à-dire de l'augmentation du nombre de retraités), mais surtout de la longue période de faibles rendements du capital accumulé en raison du niveau durablement bas des taux d'intérêt. Cette situation signifie que l'objectif de 60 % du revenu de préretraite n'est pas atteint dans de nombreux cas. D'où l'importance croissante du troisième pilier, à savoir l'épargne privée individuelle. Conçu pour financer les dépenses susceptibles de dépasser l'objectif de 60 %, il est aujourd'hui de plus en plus utilisé pour combler d'importants déficits de pension causés par les deux premiers piliers. Il est donc de plus en plus fréquent que l'on conseille à ceux qui en ont la possibilité d'augmenter cette épargne, qui peut être très utile à la retraite. L'État soutient également ces économies de deux manières. Avec le pilier 3a, vous pouvez désormais économiser 6 768 CHF par an et par employé, qui peuvent être déduits de votre revenu imposable. Les indépendants qui ne sont pas affiliés à une caisse de pension peuvent déduire 33 840 CHF. Lors de la perception du capital épargné, les autorités fiscales ne considèrent pas ce capital comme faisant partie du reste de l'imposition, mais l'imposent séparément et, dans certains cas, à un taux favorable. Pour le pilier 3b, il n'y a pas de limites, mais il n'y a pas non plus de traitement fiscal préférentiel. Dans ce domaine, tant les banques que les compagnies d'assurance proposent des solutions adaptées aux cas individuels. L'un des problèmes de ces formes d'épargne peut être le risque qu'elles comportent. En règle générale, les investissements sont réalisés à long terme, ce qui tend à augmenter les risques, mais aussi à compenser les périodes difficiles par des périodes plus favorables. Ce marché s'est considérablement développé ces dernières années, en particulier pour l'épargne bancaire, notamment grâce au pilier 3a.

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Les montants déductibles indiqués dans l'article, correspondent à ceux de 2018. Pour 2021, ces montants ont légèrement augmenté : 6883 CHF pour les salariés, et 34'416 CHF pour les indépendants.

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